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Discours du ministre des Affaires étrangères de la République de Lituanie Gabrielius Landsbergis lors de la réunion annuelle des chefs des représentations diplomatiques de la République de Lituanie

Créé 2023.11.17 / Mis à jour: 2023.11.17 10:07
    Discours du ministre des Affaires étrangères de la République de Lituanie Gabrielius  Landsbergis lors de la réunion annuelle des chefs des représentations diplomatiques de la  République de Lituanie

    Discours du ministre des Affaires étrangères de la République de Lituanie Gabrielius Landsbergis lors de la réunion annuelle des chefs des représentations diplomatiques de la République de Lituanie, des représentations auprès des organisations internationales et des établissements consulaires

    07/11/2023, Vilnius

    Chers collègues,

    Il y a un an, nous nous réunissions dans un contexte d’événements dramatiques avec le déclenchement par la Russie d’une guerre brutale contre l’Ukraine, mais il s'agissait aussi d'un moment de mobilisation de l’Occident sans précédent. Déjà auparavant, si nous nous souvenons du détournement de l’avion Ryanair, de l’attaque migratoire hybride et de la campagne de pression économique de la Chine, il semblait que les crises se succédaient et chacune semblait être une nouvelle épreuve, terrifiante, inédite, pire que toutes celles que l'on pouvait imaginer avant. Et qui s’estompait face à la nouvelle crise qui suivait.

    Aujourd’hui, nous vivons une période de nombreuses crises parallèles. La guerre en Ukraine, la violence au Proche-Orient, les tensions dans le Caucase du Sud ou dans la région indopacifique. Et il y a aussi des défis globaux : le changement climatique, la sécurité alimentaire, la migration. Le monde est dans une polycrise.

    Des crises surviennent dans différentes régions, pour différentes raisons, provoquées par différents acteurs. Mais nous ne pouvons pas dire qu’elles ne sont pas liées.

    Elles sont toutes utiles à ceux qui ont intérêt au chaos, à la destruction d’un ordre normal fondé sur des règles.

    Elles requièrent toutes une attention supplémentaire de la part des pays et des alliances intéressés par un ordre fondé sur des règles.

    Alors que le monde se réchauffe  de plus en plus et que le système international se fissure davantage , nombreux sont ceux qui se demandent si, ayant l’attention détournée sur  plusieurs fronts, nous serons capables de tous les maîtriser. Combien de guerres pouvons-nous mener efficacement ? Pouvons-nous être contraints de choisir ? Et si oui, lesquelles ? Ce débat a déjà lieu parmi les hommes politiques de nos partenaires stratégiques et trouve également un écho dans les sociétés occidentales.

    Le résultat de ces délibérations aura un impact direct sur nos intérêts, peut-être même sur notre survie, car nous comprenons parfaitement que, dans une période de conflits imbriqués, montrer de la faiblesse dans une crise provoque une réaction en chaîne à un autre point du monde.

    La Lituanie est protégée par l’article 5 du traité de l’OTAN depuis près de 20 ans. Cette protection prend une forme de plus en plus concrète : des plans de défense adoptés lors du sommet de Vilnius au nombre croissant d’alliés détachés dans notre pays et à la résolution de l'Allemagne d’y être présente en permanence.

    Nous sommes également ancrés dans l’UE, nous n’hésitons pas à nous placer au cœur de l’intégration européenne et nous comprenons le besoin vital d’élargir cette zone de sécurité et de stabilité à l’Ukraine, à la Moldavie et au Caucase du Sud.

    Mais nous vivons une époque instable où personne ne peut prédire la tournure que prendront les événements. Cette période de tension exige une clarification maximale des priorités, et la base de la pyramide de Maslow lituanienne reste la même : nos intérêts en matière de sécurité et de défense.

    La future voie de notre pays peut être celle d’une réussite durable si nous continuons à rester dans la zone de stabilité créée par les garanties de sécurité transatlantiques, si nous investissons de manière cohérente dans la défense, si nous obtenons une plus grande présence des alliés, si nous renforçons et diversifions notre économie et si nous réduisons notre dépendance, nous permettant ainsi de résister aux intentions des impérialistes et des usurpateurs.

    Mais des scénarios pires sont possibles et pourraient faire tomber les fondations sur lesquelles nous nous sommes appuyés jusqu’à présent. Un tournant négatif dans la guerre de la Russie contre l’Ukraine, l’impact des changements outre-Atlantique sur l’architecture de sécurité euro-atlantique, une crise majeure dans la région indopacifique, un élargissement du conflit au Proche-Orient. Aujourd’hui, tous ces scénarios ne semblent plus irréalistes, bien au contraire.

    En raison de notre taille et de notre géographie, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de nous préparer au meilleur scénario. La diplomatie est la première ligne de défense, une part de notre devoir est donc d’être un peu paranoïaque, d’espérer le meilleur, mais de se préparer au pire.

    L’année à venir ne sera pas plus facile, d’autant plus qu’elle sera influencée par des cycles électoraux, non seulement dans les institutions européennes et aux États-Unis, mais aussi en Lituanie.

    Sur quoi devons-nous donc nous concentrer ?

    L’Ukraine. Un jour, lorsque les historiens regarderont cette époque, l’agression de la Russie et la réaction de l’Occident peuvent être cet événement marquant qui a déterminé le cours des événements mondiaux pour les décennies à venir. Cependant, l’heure n’est pas encore au déterminisme. Ce n’est pas encore l’histoire, mais notre présent, que nous avons la possibilité et le devoir d’influencer.

    Nous voyons que des signes de fatigue apparaissent dans les sociétés occidentales. De nouvelles crises et de nouveaux conflits commencent à écarter l’Ukraine de la liste des priorités politiques. Nous ne pouvons pas céder à cela. L’arrêt de l’agression russe en Ukraine et la victoire finale de l’Ukraine sont le principal message que nous devons répéter à nos alliés. Avec des arguments clairs sur les raisons pour lesquelles cette victoire est importante pour tous et sur les moyens dont nous pouvons y parvenir.

    Les ressources nécessaires pour assurer la victoire de l’Ukraine existent vraiment en Occident. Ce qui manque, c’est la volonté ou le courage de reconnaître que ce n’est pas une guerre de la Russie contre l’Ukraine, mais un combat contre le monde occidental et la démocratie que Poutine mène avec ses complices pour une instabilité mondiale.

    La victoire de l’Ukraine est une question existentielle non seulement pour la Lituanie, mais aussi l’Occident, même si certains n’osent pas encore le reconnaître. Par conséquent, un soutien sans faille à une Ukraine combattante et à son intégration dans l’OTAN et l’UE est notre objectif le plus important et une priorité absolue à court terme. S’il n’y a pas de victoire en Ukraine, nous n’arrêterons pas non plus des déclenchements des incendies ailleurs. Notre comportement face à l’agression sera l’aune à laquelle nos ennemis jugeront la valeur de nos paroles.

    La sécurité et la défense. Lors du sommet de l’OTAN de Vilnius, des décisions importantes ont été prises : les plans de défense régionaux ont affirmé l’objectif de défendre chaque centimètre du territoire de l’Alliance dès les premiers instants d’une agression. Il est maintenant nécessaire d’assurer leur mise en œuvre effective.

    Grâce à nos efforts actifs et à ceux de nos  partenaires partageant les mêmes idées, nous avons rapproché politiquement et institutionnellement l’Ukraine de l’OTAN, nous avons dépassé le tabou non écrit de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN qui était apparu dès le début de l’invasion russe, en affirmant clairement l’aspiration d’un avenir de l’Ukraine dans l’OTAN. Ce sont des résultats importants, bien qu’ils ne soient encore qu’intermédiaires. Notre travail direct à tous est de créer les conditions politiques propices à une invitation la plus rapide possible de l’Ukraine dans l’OTAN.

    Depuis le début de l’invasion russe, l’UE a montré un leadership inattendu en consolidant le soutien militaire des États membres à l’Ukraine, ce qui a permis au soutien collectif de l’UE d’être presque au même niveau que celui des États-Unis. Prochainement, l’UE et ses pays membres pourraient avoir à assumer une part de responsabilité encore plus grande. Grâce à nos efforts communs, nous devrons tout faire pour que la volonté politique des dirigeants européens de soutenir l’Ukraine reste forte, malgré la dégradation des conditions économiques ou l’apparition de signes de fatigue. La fatigue dans la lutte pour la survie équivaut à la disparition.

    La guerre d’attrition de la Russie contre l’Ukraine et le processus de génération de forces en cours de l’OTAN ont également révélé l’insuffisance dramatique des capacités militaires de la plupart des alliés. La seule solution est pour les Européens de s’engager à augmenter de manière significative les dépenses en matière de défense et à trouver de nouveaux instruments et mécanismes pour renforcer l’industrie de la défense et ses capacités.

    Le partenariat transatlantique restera un pilier essentiel de notre sécurité, et le renforcement du partenariat stratégique avec les États-Unis restera une mission essentielle de notre service diplomatique. Au début de l’année prochaine, nous prévoyons de présenter les lignes directrices du partenariat stratégique entre la Lituanie et les États-Unis. Malgré les changements dictés par les alternances politiques, nous devons maintenir une présence permanente de militaires américains en Lituanie et dans la région balte. Dans le contexte des discussions internes aux États-Unis, nous devons nous assurer que l’importance du leadership américain et la détermination de l’Europe à prendre une plus grande responsabilité pour sa propre sécurité sont entendues non seulement par Washington, mais aussi le reste des États-Unis.

    La région indopacifique. Alors que nous voyons le leadership des États-Unis en Ukraine, le seul concurrent que les États-Unis considèrent comme désireux et capable de changer l’ordre actuel fondé sur des règles est la Chine. Les alliances sont solides lorsqu’elles sont utiles à tous leurs participants, il est donc naturel que nous ne nous devions pas seulement espérer à en tirer profit, mais que nous répondions également à la question de savoir comment nous pouvons nous-mêmes être utiles.

    Le succès de la résistance de la Lituanie aux pressions économiques et politiques chinoises et le soutien des États-Unis ont sans aucun doute permis une nouvelle accélération de nos relations avec les États-Unis. Nous devons donc garantir que nos premiers pas conséquents dans la région indopacifique soient durables sur le long terme. Nous avons approuvé la stratégie indopacifique de la Lituanie, nous avons ouvert et renforcé les ambassades, nous avons diversifié nos liens économiques et les expériences communes, qui n’ont pas toujours été agréables, nous ont rapprochés des pays de la région. Nous devons maintenant rendre ce processus irréversible, par la consolidation des entreprises lituaniennes sur les marchés indopacifiques, l’établissement de liens avec le monde universitaire et les experts, et une diplomatie active dans la région. Nombre de ces processus sont déjà en cours sans le soutien de l’État, mais notre devoir est de les encourager et de les renforcer.

    Le format des pays nordiques et baltes est un format basé sur une communauté de valeurs  qui, malheureusement, devient de plus en plus rare. . Après la modification du contexte géopolitique dans le voisinage de la région, l’adhésion de la Finlande et la future adhésion de la Suède à l’OTAN encouragent à renforcer davantage la voix des Huit pays nordiques et baltes dans les formats internationaux. Ce n’est pas un hasard si le ministre suédois des Affaires étrangères est l’invité de la réunion des ambassadeurs de cette année.

    L’an prochain, lors de notre présidence du Conseil des ministres de la Baltique, nous poursuivrons les travaux sur le développement de projets d’infrastructures, y compris la préparation de la synchronisation des réseaux électriques au début de 2025, la protection de la frontière extérieure et l’application des mêmes sanctions contre la Russie et la Biélorussie.

    La Pologne est dans une période post-électorale. Cependant, l’approche de nos pays sur les questions les plus importantes restera la même. Il ne s’agit pas d’opinions politiques, mais d’une perception commune des menaces, encodée par l’histoire et la géographie. Nous devrons donc continuer à travailler ensemble pour répondre à l’agression russe en Ukraine, garantir l’attention nécessaire à la défense du flanc oriental de l’OTAN et consolider définitivement notre indépendance énergétique.

    La décision historique de l’Allemagne de déployer de manière permanente une brigade lourde en Lituanie ne deviendra pas seulement un changement essentiel dans l’accroissement de notre sécurité, mais aussi la possibilité d’atteindre un nouveau niveau qualitatif de partenariat avec l’Allemagne. Nous devons exploiter cette opportunité en matière d’économie, en développant les liaisons de transport, la coopération en matière d’éducation et en trouvant de nouvelles niches en politique étrangère.

    Ces dernières années, le partenariat stratégique de la Lituanie avec la France prend corps et s’accélère : l’an prochain, la Saison lituanienne en France aura lieu, et nous recherchons une coopération encore plus active en matière de défense avec le rôle de la France pour garantir le modèle de défense aérienne par rotation de l’OTAN.

    Nous devons inciter l’Union européenne à s’élargir. La convaincre que, comme il y a vingt ans, il faut se laisser guider non par les peurs, mais exploiter les opportunités stratégiques offertes par l’élargissement. L’élargissement  à l’Est est une réussite que nous pouvons répéter. Le scénario alternatif est dangereux : une Ukraine déchirée par la guerre, laissée à elle-même, et une Europe essayant de devenir géopolitique, mais laissant passer la plus grande opportunité géopolitique. Nous aspirons à une décision dès cette année sur le début des négociations avec l’Ukraine et la Moldavie. Bien sûr, nous devons nous préparer nous-mêmes à l’élargissement de l’UE, nous analysons donc l’impact de l’élargissement de l'UE sur la Lituanie, et nous devrons revenir un jour sur les questions institutionnelles.

    Le Partenariat oriental connaîtra probablement une transformation. Son objectif essentiel, l’intégration des partenaires orientaux dans l’UE, n’a pas encore été atteint et il est prématuré de déclarer la fin de cette politique qui reste d’actualité pour favoriser les processus d’élargissement et rapprocher les pays du Caucase du Sud de l’UE (et, dans le même temps, plus proche de l’Ukraine). Il s’agit aussi d’une plateforme où, nous l’espérons, la Biélorussie reviendra un jour lorsqu’un changement aura eu lieu. En Moldavie, il est crucial de maintenir l’orientation du pays dans le contexte des prochaines élections. Dans le cas de la Géorgie, il n’y a pas de solutions faciles, mais ne pas accorder le statut de candidat à l’UE serait un risque encore plus grand. L’Arménie fait des pas vers nous dans une situation difficile. Aujourd’hui, nous ne savons pas si un pays qui  allait dans une autre direction depuis si longtemps, aura la force de résister à la pression sans précédent de Moscou. Mais c'est aussi un test pour l’Europe de savoir si elle est capable de se comporter de manière géopolitique lorsqu’une fenêtre d’opportunité s’ouvre et si elle a l’ambition de défendre la démocratie et l’orientation du Caucase du Sud vers l’Occident pas uniquement avec de simples déclarations.

    L’ordre mondial est fondé sur des règles. La Russie et la Chine redoublent d’efforts pour que leur ordre mondial alternatif, fondé non pas sur le droit, mais sur la primauté de la force, se reflète dans les agendas des organisations internationales, et elles aspirent à affaiblir les formats qui ne leur sont pas favorables et créer des formats alternatifs de « multilatéralisme ». L’isolement de la Russie et de la Biélorussie au sein des organisations internationales est encore trop faible, et nous entendons même parfois des pays proches de nous dire qu’ils souhaitent revenir à leur ancienne coexistence normale. Nous devons souligner qu’un retour au statu quo dans les relations avec la Russie/Biélorussie est la voie à la destruction, et non du renforcement, d’un monde fondé sur des règles. Les règles fonctionnent dans la mesure où il y a une responsabilité  de les  enfreindre.

    Les petits pays ont intérêt à la sauvegarde du multilatéralisme. Mais pour que le multilatéralisme nous protège, il doit être efficace et ne pas créer un faux espoir. Nous ne pouvons pas accepter la poursuite de l’atrophie de l’architecture de sécurité. Il ne suffit pas de regretter ou de protester : nous devons travailler pour changer cela et je me réjouis de votre activisme. Même s’il est confortable de rester dans notre zone de confort, nous devons proposer des solutions qui lancent peut-être aujourd’hui un défi au consensus établi et qui nous obligent à nous distinguer de la foule, mais qui appellent les choses par leurs noms.

    La situation de l’OSCE, qui est presque paralysée par les actions de la Russie et se rapproche de la paralysie totale, est particulièrement préoccupante. L’année prochaine, nous présiderons le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, et une contribution efficace de cette organisation au soutien de l’Ukraine sera au cœur de notre programme.

    Le multilatéralisme subit des réformes majeures après chaque bouleversement important, nous devons donc participer au débat sur l’Europe dans laquelle nous vivrons après la guerre. L’architecture de sécurité créée après la Deuxième Guerre mondiale est confrontée à des défis existentiels, car un pays auquel a été confiée la responsabilité particulière de la paix et de la sécurité internationales n’est pas intéressé par la paix, mais par la mise en œuvre de ses propres plans impériaux. Nous devons réfléchir à une nouvelle architecture de sécurité «  pour se protéger contre la Russie » et à une stratégie à long terme pour arrêter la Russie.

    Le renforcement des forces démocratiques. La démocratie dans le monde est confrontée à des problèmes existentiels. Les forces non-démocratiques croissantes tentent de compromettre au maximum les règles du jeu établies depuis longtemps et de rendre inopérantes les institutions qui ont garanti ces règles. La Lituanie a la réputation de refuge pour les forces démocratiques. Dans le monde actuel des récits « en noir et blanc », la poursuite du soutien aux forces démocratiques de Biélorussie et de Russie est une mission difficile, mais importante que nous devons continuer en tant que notre contribution à l’espoir d’une Biélorussie différente et d’une Russie différente.

    Comment savoir si le service diplomatique de la Lituanie est prêt pour ces défis futurs ?

    Une grande partie des diplomates choisissent ce service pour toute leur carrière. Ce qui nous fait rester dans ce service, c’est la perception du sens et de l’importance de ce travail. Dans notre travail quotidien, nous avons l’habitude d’orienter  nos efforts vers l’extérieur pour rassembler des alliés et des personnes partageant les mêmes idées ou défendre des valeurs qui sont importantes pour nous.

    Mais la capacité à travailler avec nos partenaires ou à nous défendre contre des adversaires ne représente que la moitié du succès. Pour que les mots « motivation » et « concentration » ne soient pas de simples mots à la mode, il est nécessaire que l’attention des responsables se tourne aussi vers l’intérieur. Et chacun d’entre vous ici est un leader - un exemple qui façonne les futures générations de diplomates.

    Nous devons nous demander si moi et mon équipe sommes dans la même époque, dans les mêmes valeurs que l’État et la société que nous représentons. Maintenir le lien est essentiel pour les diplomates. Maintenir le lien avec la capitale et avec les priorités du pays est sans aucun doute l’une des missions les plus importantes d’un diplomate, mais il est tout aussi important de sentir l’époque dans laquelle nous vivons, et de créer, maintenir et entretenir un lien avec chacun des collaborateurs de votre équipe.

    C’est dommage, mais nous apprécions et remarquons uniquement nos collègues les plus proches en temps de crise lorsqu’on a le sentiment qu’ils ne nous ont pas « déçu » et qu’ils ont fait plus que vous, en tant que chef, vous avez pu penser ou espérer. Mais il n’est pas nécessaire d’attendre une crise pour dire « merci » à un collègue.

    Nous avons beaucoup investi dans l’avenir du service diplomatique de la Lituanie, non seulement en amendant les lois et en injectant d’importants moyens financiers, mais aussi, et c’est tout aussi important, en concluant des accords essentiels sur ce que ce service devrait   être. Et chacun d’entre vous ici est un ambassadeur non seulement de la Lituanie, mais aussi de chaque personne placée sous son autorité.

    Chers collègues,

    Pour conclure, je voudrais vous remercier vous et tous ceux qui travaillent dans le service diplomatique pour cette nouvelle année encore pleine de défis. Merci d’avoir obtenu encore plus pour le bien de la Lituanie, même si vous avez dû nager à contre-courant. Vous avez pris des risques pour la sécurité des citoyens lituaniens dans les endroits les plus dangereux du monde. Vous n’avez pas peur de briser la glace et de rompre le silence oppressant lorsqu’il faut défendre les intérêts de la Lituanie. Merci d’avoir conservé le cap clair des valeurs malgré les tempêtes.

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